17.11.2005

La vie aquatique 4

medium_image01.jpgLe bateau quitta donc les côtes de l'Atlantide en ce début de juin 1912, laissant derièrre lui un drapeau andorran flotter sur la haut d'une des falaises de l'île. Les cinq personnes à bord quittèrent avec regret cet endroit au charme si sauvage avec comme objectif, rentrer à Andorre avant le début de la première Guerre Mondiale, histoire qu'on s'intéresse un peu à eux.
 
Le voyage vers la côte landaise eut lieu sans événements notables, jusqu'au 13 janvier 1913, qui restera gravé dans les mémoires comme le fameux 13-1-13. Alors que le Chupacabra (c'est le nom du bateau, souvenez-vous, je ne l'ai pas encore dit) n'était plus qu'à quelques miles de Bayonne lorsque madame Clémenceau, au nom de la France, tenta une mutinerie. Armée d'une ancre marine, elle décapita trois mouettes et Virginie Lemoine que l'amiral Pacino ne puisse l'abattre avec le harpon à baleines, auquel était d'ailleurs encore accroché une baleine, ce qui provoqua des dommages irréparables au Chupacabra. Les trois survivants, l'amiral Pacino, sa femme Loulou et le brave Glouglou (mari délaissé il y a déjà quelques années et qui avait refusé d'avoir une quelconque importance dans l'histoire avant le 16 aoüt 1913), s'embarquèrent sur une des chaloupes de sauvetage pendant que le bateau sombrait.
 
L'amiral Pacino avait toutefois été blessé à la jambe lors de la mutinerie et devait rester couché toute la journée. Il mourut lors d'une pluie diluvienne pendant laquelle Loulou et monsieur Glouglou n'avaient pas eu la présence d'esprit d'imaginer un seul moment que vingt centimètres d'eau était une hauteur suffisante pour qu'un homme invalide et allongé puisse se noyer bêtement.
 
medium_vieillephoto1905_retouche.2.jpgIls regagnèrent la terre ferme le 3 mars 1913 dans l'indifference générale. Il faut dire qu'ils n'avaient pas pensé à prévenir de leur arrivée. D'ailleurs, ça les arrangeait plutôt, puisqu'ils ne se voyaient pas annoncer à Georges Clémenceau que l'Atlantide était désormais andorrane...
 
Que faire alors? Rendre leur périple public était le meilleur moyen de s'attirer les foudres du gouvernement français et peut-être même de celui d'Andorre, allez savoir ce qui peut se passer dans la tête d'un andorran...
 
Ils choisirent donc de ne jamais rien révéler de leur extraordinaire aventure et de vivre dans le plus grand secret. Ils s'installèrent ensemble dans les environs de Castres où ils s'épousèrent le 16 août 1913. Loulou (deux fois veuve) devient donc Loulou Glouglou et monsieur Glouglou devint alors joyeux.
 
Loulou mourut en 1935 dans l'écroulement d'une pyramide de boites de tomates pelées dans un supermarché.
Monsieur Glouglou vit encore.
 
C'est d'ailleurs de lui que je tiens la plupart des détails de cette histoire (que l'Histoire a oublié) qu'il m'a autorisé à vous divulguer, sous reserve que je ne dévoile pas son véritable nom (c'est Gloupgloup, en vrai).
Il a aujourd'hui 117 ans et toutes ses dents...
 
Demain, un extrait de son interview, ainsi qu'en bonus, l'histoire de la noix de coco !
Et après demain, la réponse à toutes les questions que vous vous posez sur cette étrange histoire, n'hésitez pas à les poser en commentaires.

Commentaires

Ahhh...
Sacré Loulou...

Elle me manque...

Ecrit par : Glouglou | 17.11.2005

moi, je suis bien contente là haut sans cet infâme glouglou, en plus y'a plain de boîtes de tomates pelées...

Ecrit par : Loulou | 18.11.2005

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